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Where the margin is 2020

Where the margin is 2020
February 6-7, 2020, Moscow

IKAR in Mass and Industry Media


Vu de Russie : « Pourquoi suis-je contre les OGM ? »

Lecourrierderussie.com, 07.07.16


Lundi 4 juillet, le président Vladimir Poutine a ratifié un projet de loi interdisant la culture et l’élevage de végétaux et animaux génétiquement modifiés (OGM) en Russie. Boris Akimov, fervent protecteur du manger bio et créateur de la chaîne de magasins de produits fermiers LavkaLavka, a expliqué en quoi les OGM sont un danger pour la civilisation, lors d’une conférence dans une de ses épiceries. Compte rendu à la première personne.

Le débat actuel sur les OGM repose sur une mauvaise base. Alors que certains estiment que toute la production liée aux OGM est dangereuse pour la santé, d’autres traitent les partisans de cette position d’obscurantistes et d’ennemis du progrès. Et, d’ordinaire, le débat s’arrête là.

J’ai donc décidé, dans cette intervention, de placer la question de la santé entre parenthèses. Aucune de mes conclusions contre les OGM n’a le moindre lien avec le mal que peut faire un épi concret de maïs transgénique à celui qui le mange.

Quelques faits sur les OGM

Il y a beaucoup de discussions sur les OGM. Mais beaucoup moins de fruits et légumes transgéniques qui se retrouvent, au final, dans les rayons des magasins. On y trouve aujourd’hui facilement du soja, du maïs, des pommes de terre, de la betterave à sucre et du riz. Mais c’est le plus souvent sous forme d’ingrédients, dans la nourriture, que l’on trouve des OGM. C’est d’ailleurs leur source principale. Sucre issu de betteraves transgéniques, chocolat à base de soja génétiquement modifié, etc. Enfin, l’autre canal important par lequel nous arrivent les OGM est la nourriture destinée au bétail. Le maïs et le soja transgéniques sont aujourd’hui une base essentielle pour le complexe agro-industriel mondial. Dans certains pays, jusqu’à 96 % de la viande disponible sur le marché provient d’animaux nourris avec des aliments transgéniques.

En 2013, les plantations d’OGM occupaient 175 millions d’hectares de l’ensemble des terres cultivées dans le monde (soit plus de 11 %). Ces végétaux sont cultivés dans 27 pays, et tout particulièrement aux États-Unis, au Brésil, en Argentine, au Canada, en Inde et en Chine.

Sur les 18 millions de propriétés agricoles cultivant des OGM dans le monde, on retrouve plus de 90 % de petites fermes situées dans des pays en voie de développement.

La Russie a interdit la culture des OGM sur son territoire. Pourtant, l’Union céréalière russe y recense 400 000 hectares de plantations d’OGM non contrôlées, dont près de 200 000 de semences de maïs. Selon Dmitri Rylko, directeur général de l’Institut de conjoncture du marché agraire, près de 5 % de l’ensemble du maïs et du soja cultivés en Russie sont transgéniques.

C’est une situation typique pour notre pays – la sévérité de la loi est compensée par le caractère facultatif de son application. Autre illustration remarquable de ce constat : selon la loi russe, on ne devrait pouvoir importer que de la viande d’animaux n’ayant pas été nourris avec des aliments contenant des matières premières génétiquement modifiées. Mais en pratique, le pays ne possède pas de mécanismes de contrôle réel de la viande importée – et on peut faire entrer ce que l’on veut.

Mais passons maintenant au plus important. Pourquoi donc suis-je contre les OGM ? En fait, je considère que toute cette affaire des OGM est un immense scandale. Une vaste campagne de marketing – et parfaitement inutile.

Le monde entier dans tes mains

Les OGM sont un instrument remarquable pour que le marché mondial de la production de fruits et légumes soit repartagé et passe sous le contrôle de grandes corporations. Et principalement d’une seule : le groupe Monsanto.

Voici les trois grands facteurs contribuant à la conquête du monde par les OGM :

Les semences génétiquement modifiées perdent leurs caractéristiques dès la deuxième génération. Les replanter n’a aucun sens. Les producteurs de ces semences brevettent leurs inventions et interdisent l’utilisation de leurs graines dans des conditions différentes de celles stipulées aux contrats les unissant aux fermiers. Notamment, le fermier ne peut pas conserver les graines pour l’année suivante ni, plus généralement, en disposer comme il l’entend : il s’agit d’une infraction au contrat pouvant être punie en justice.

La pollinisation par les végétaux génétiquement modifiés de leurs « voisins » traditionnels entraîne chez ces derniers des mutations et la perte de leurs caractéristiques originelles.

Tout cela conduit à une monopolisation du marché. Peu à peu, les fermiers achètent toutes leurs graines à un seul producteur. Et le monde des semences et de l’agriculture contemporain est ainsi fait que, le plus souvent, ce producteur unique s’avère être le groupe Monsanto. L’entreprise est célèbre pour avoir été, dans les années 1960, le plus gros producteur de l’« agent orange », cet herbicide que les États-Unis utilisaient, dans les jungles du Vietnam, pendant la guerre, pour anéantir les cultures agricoles et la végétation. En 1984, Monsanto a dû verser une compensation financière aux vétérans du Vietnam. L’Association vietnamienne des victimes de la dioxine dénonce près d’un million de personnes souffrant de handicaps héréditaires.

Monsanto a commencé à travailler avec les OGM dans les années 1990. Aujourd’hui, plus de 50 % de toutes les plantations d’OGM dans le monde utilisent des graines Monsanto. Sachant que le groupe est aussi propriétaire du Roundup – l’herbicide le plus vendu au monde.

En mars 2005, Monsanto a racheté Seminis, un très gros producteur de graines de fruits et légumes ; en 2007 et 2008, le groupe a englouti 50 fabricants de semences dans le monde entier. S’exposant ainsi à de violentes critiques de la société civile, concernant principalement le phénomène de monopolisation du marché.

Les fruits, légumes et céréales produits dans les fermes qui collaborent avec Monsanto fournissent les plus grandes entreprises alimentaires du monde.

Le documentaire Le monde selon Monsanto, sorti en 2011, raconte les histoires de plusieurs fermiers qui se sont retrouvés au bord de la ruine à l’issue de leur collaboration avec ce groupe.

La plus représentative et instructive des histoires de ce type s’est déroulée en Inde, où des centaines de milliers de fermiers sont passés à l’utilisation de semences de coton génétiquement modifié suite à une vaste campagne publicitaire et à l’introduction d’une politique étatique de crédit ciblée.

Le coton génétiquement modifié a commencé à être semé en Inde au début des années 2000. En 2006, on a découvert que les parasites s’adaptaient à la nouvelle plante et que le coton commençait à avoir des maladies, ce qui a entraîné de mauvaises récoltes. Mais les fermiers ne pouvaient déjà plus repasser à des plantations de coton traditionnel, vu qu’en 2012, le végétal non modifié n’était même plus disponible sur le marché. Parallèlement, en dix ans, le prix des semences transgéniques a augmenté de plusieurs fois.

L’Inde a été submergée par une vague de suicides de fermiers. Les agriculteurs ne pouvaient ni conserver les graines pour l’année suivante, ni payer leurs dettes. Un rapport établi par le Bureau national indien de comptage des crimes recense 17 000 suicides de fermiers indiens pour l’année 2009.

Cette façon d’en finir avec l’existence s’explique par le fait qu’autrefois, selon la loi indienne, les dettes d’un individu mort par suicide ne retombaient pas sur les membres de sa famille. Mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, la famille doit s’acquitter des dettes d’un fermier qui s’est donné la mort.

Il faut dire une chose ici. Je ne veux absolument pas affirmer que ces suicides sont uniquement liés à l’apparition des semences génétiquement modifiées. Il y a indéniablement d’autres raisons. Mais on ne peut pas non plus nier qu’elle en soit une des causes principales. Cette « narco-dépendance » agraire – depuis la dépendance aux crédits bancaires jusqu’à celle aux technologies transgéniques elles-mêmes – bouleverse de façon radicale la vie des paysans, les prive de la possibilité de conserver leurs semences pour la saison prochaine et, en pratique, de toute autonomie.

De fait, il est clair que les OGM – comme phénomène social, économique et culturel contemporain – conduisent à une perte totale de souveraineté de chaque fermier concret, chaque région concrète, chaque État concret.

Destruction de la biodiversité

On sait que les États-Unis, au cours du siècle dernier, ont perdu près de 93 % de leurs variétés de fruits et légumes. En 1903, on y recensait 408 variétés de tomates, pour moins de 80 variétés dans les années 1980. Sur les 544 variétés de chou, il n’en restait, 80 ans plus tard, que 28 ; pour les salades vertes, le pays est passé de 497 sortes à 37, etc. Le phénomène s’explique par la mondialisation du marché des semences et l’apparition d’hybrides à la place des variétés. Avec l’arrivée des OGM, tous ces processus s’accélèrent. Les centaines de légumes et céréales sont remplacées, au mieux, par des dizaines de variétés, parfaitement identiques dans le monde entier.

Je souhaite très fortement que chaque région, et même chaque village, m’offrent la chance de les goûter. Je souhaite très fortement une multitude de légumes divers. Une multitude de céréales diverses. Une multitude d’herbes diverses. Je ne souhaite surtout pas que le monde entier m’offre du maïs BT Starlink, je veux goûter tous les maïs anciens du Mexique. Je souhaite que toutes les variétés régionales réjouissent le palais des gourmets amateurs de diversité, que se conservent toutes les traditions locales, agricoles et gastronomiques.

Cary Fowler, biologiste et militant pour la biodiversité, affirme la chose suivante : « La diversité des cultures agricoles est le fondement biologique de l’agriculture. Et toutes les tentatives de l’industrie alimentaire contemporaine de standardiser et d’universaliser les variétés conduiront à la dégénérescence des cultures et à des famines à venir. »

La raréfaction des variétés et espèces accroît les risques d’épidémies chez les végétaux. La maladie avancera plus rapidement sur la planète si une seule (voire deux, trois ou quatre) variété de maïs lui résiste, et pas 120, comme c’était le cas encore récemment. En d’autres termes, les OGM ouvrent la voie à l’accroissement du risque de famine. Et absolument pas à l’inverse, comme tentent de l’affirmer leurs partisans.

Ici, certains me demanderont forcément : « Quel rapport avec les OGM ? Voilà plus d’un siècle que nous perdons peu à peu la biodiversité. » Je vais répondre. Les OGM sont un catalyseur extrêmement puissant – économique autant que biologique – de tous ces processus. La pollinisation et la pollution transgénique entraînent la mort des variétés. Selon le principe de l’« hybridation aléatoire », comme dit le groupe Monsanto.

Je vais vous citer un exemple. Au Mexique, le pays natal du maïs, on a découvert un maïs possédant un OGM dans son ADN. Alors que personne ne l’y a planté. Et même, les semences de maïs génétiquement modifié sont interdites par la loi mexicaine. Mais après la création d’une zone de libre-échange avec les États-Unis et le Canada, du maïs américain a commencé à arriver sur le marché mexicain. Deux fois moins cher que les variétés locales. Et bien que les semences étaient interdites au Mexique, les variétés se sont mélangées. L’institut étatique d’écologie du Mexique a mené une étude et confirmé la contagion.

Destruction de la vie traditionnelle

Derrière la biodiversité, il n’y a pas seulement de la nourriture. Derrière chaque variété, il y a une histoire, la vie matérielle et spirituelle de tel ou tel endroit de la planète. La variété régionale est le symbole de la vie locale. En préférant une variété locale et en prenant conscience de tous ses atouts, le consommateur, en pratique, finance et préserve tout le mode de vie particulier qui est à l’origine de la conservation de cette variété.

Le gros business détruit les sociétés locales traditionnelles, le mode de vie, la culture matérielle et spirituelle propres à une région.

Au Paraguay, après que les prix mondiaux du soja ont augmenté de plusieurs fois, les terres ont commencé à être achetées en masse. Plus de 70 % des terres arables du pays appartiennent aujourd’hui à 2 % de la population et à des étrangers. Ce fut le premier coup porté aux communautés locales. Le deuxième – et autrement puissant – a été le passage au soja génétiquement modifié. L’utilisation massive du Roundup et de soja génétiquement modifié par ceux qui vivaient sur ces terres a causé un immense préjudice aux intérêts de la population locale. On a enregistré des milliers de cas d’empoisonnement par les pesticides de sources d’eau, de bétail, etc. Et observé un exode rural massif.

Efficacité économique ?

Économie, efficacité, rendement à l’hectare… : voilà les avantages des OGM que l’on assénait encore récemment à tous leurs adversaires. « Vous êtes contre les OGM ? Vous êtes contre le progrès ! Vous êtes contre l’idée que la civilisation doit tendre vers l’efficacité ! »

En 2013, la revue américaine Modern Farmer a publié une étude sur le maïs et le soja génétiquement modifiés. La recherche conclut que l’utilisation de maïs et de soja transgéniques perdra tous ses avantages en termes de rendement à l’hectare d’ici quelques années. Les parasites s’adapteront aux toxines contenues dans les végétaux OGM, les mauvaises herbes, aux pesticides, et la culture de ces plantations deviendra un luxe coûteux et absurde : « Dans cinq ans déjà, l’utilisation de semences OGM sera plus coûteuse pour les fermiers que les plantations traditionnelles. Le coût de revient du produit pourrait augmenter de près de 160 dollars à l’hectare. »

La revue revient notamment sur l’histoire du fermier Chris Huegerich, de l’État de l’Iowa. Chris confie que les OGM ont fonctionné un moment. Un gène rendait la fève de soja plus résistante à l’herbicide glyphosate. Un autre protégeait le maïs du chrysomèle mangeur de racines et du papillon pyrale. Mais que s’est-il passé ? « Ça a marché pendant cinq ans. Mais aujourd’hui, le ver s’est adapté et les papillons résistent ! Mère Nature s’adapte. Et le problème n’est pas seulement que les graines sont chères (un sac de graines de maïs génétiquement modifié coûte 150 dollars de plus que le maïs ordinaire), mais aussi que les OGM obligent les fermiers à utiliser plus de produits chimiques. Malgré la résistance théorique des graines transgéniques au mangeur de racines, au cours de la période des semences, je dois pulvériser deux fois avec des herbicides et des pesticides aussi bien le maïs traditionnel que celui contenant des OGM. »

Selon l’organisation américaine de protection des droits des consommateurs Food and Water Watch, l’utilisation des herbicides et pesticides a augmenté de 26 % à cause de l’accroissement de la résistance des mauvaises herbes. Aujourd’hui, aux États-Unis, 24,8 millions d’hectares de terres arables sont envahies de mauvaises herbes résistantes au glyphosate.

« La tentative de faire pousser du soja génétiquement modifié au Paraguay s’est soldée par un échec », affirme un communiqué de l’Association des fermiers paraguayens. La déclaration des agriculteurs a été confirmée par le représentant du ministère paraguayen de l’environnement, Alfredo Molinas, qui a visité les départements d’Alto Parana et de Canindeyu, où l’on cultive du soja transgénique. « 70 % des récoltes ont été perdus, a déclaré le ministre au journal paraguayen La Nacion. À en croire le représentant de l’association des fermiers, les variétés transgéniques ne supportent pas les périodes de sécheresse, même brèves, caractéristiques de cette région du Paraguay. Dans certains cas, toute la récolte a été détruite. »

Conclusion

Je souligne encore une fois que j’ai laissé entre parenthèses le thème le plus évoqué par les adversaires des OGM : la santé des êtres humains. Mais pas du tout parce que je considère que l’argument n’a pas de fondement. Simplement, je voulais montrer qu’il n’est pas déterminant dans mon combat personnel contre les OGM. La santé n’est pas le plus important ici – car les technologies OGM n’ont pas été conçues pour nuire à la santé ou l’améliorer.

Les OGM ne sont pas un moyen de sauver les individus ou de les empoisonner. Il s’agit d’une stratégie de marketing visant à une monopolisation totale du monde de la nourriture sur l’ensemble de la planète. Et à une concentration totale du pouvoir (du moins, dans un secteur de la production) entre les mains de quelques corporations (et principalement d’une seule). Cette stratégie comporte les risques que je viens d’énumérer. Des risques qui sont, pour moi, parfaitement inadmissibles. Du point de vue de ma position citoyenne, les OGM sont un phénomène tout simplement inacceptable. J’estime que le monde doit évoluer vers le mieux, vers plus de diversité et, en définitive, vers plus de goûts.

Pour toutes ces raisons, je pense que les OGM sont un des plus gros scandales de notre monde. Et ce scandale, sous les trompettes des scientifiques et caché derrière un débat sur la nécessité de l’efficacité économique, se déploie sous nos yeux et dans nos estomacs.

P.S. : Les perspectives de la Russie

Si la Russie parvient à devenir un pays totalement libre des cultures OGM – et cette possibilité existe encore –, nous aurons une opportunité remarquable de faire partie des leaders mondiaux de la production d’aliments biologiques (il y a encore beaucoup à faire pour y arriver, mais sans une interdiction stricte des OGM, tout le reste devient absurde). Et cette carte du monde deviendra non seulement un reflet de la réalité agraire, mais aussi un symbole de la transformation de notre pays en un leader mondial du mouvement écologique.

http://www.lecourrierderussie.com/opinions/2016/07/russie-ogm-ferme/



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